ans la panoplie répressive iranienne figure, entre autres tortures, le viol des opposants au régime. Innommable au sens strict : tu par ses victimes parce que vécu comme ineffaçable souillure,Champ libre aux Pasdaran contre la «résistance verte»
Face à la menace d’un renversement de régime clairement revendiqué par la jeunesse, tous les coups sont permis aux Pasdaran par les religieux au pouvoir : coups de câble électrique, de cigarette, de bâton sur le corps et… pas seulement sur, cette dernière pratique allant tellement à l’encontre des prudes principes affichés que le rescapé, interrogé aujourd’hui par Libération*, voit dans l’hypocrisie une raison de plus de briser le tabou :
-Les commandants des Pasdaran nous voient comme les Juifs au temps de Mahomet : il faut nous décimer pour nous empêcher d’attaquer la République islamique. (…) Il faut en parler [des viols]. C’est ce régime, qui croit obéir à des valeurs sacrées, qui devrait avoir honte de violer ceux qu’il fait arrêter. Pas moi. C’est un devoir d’en parler.
Le témoignage dépasse en horreur ce qu’on a entendu jusqu’ici du régime. Les chargés d’interrogatoires, machines à frapper inconscientes, le feraient naturellement, jusqu’à ce qu’aveu ou mort s’ensuive, tout en conversant au portable, ne s’arrêtant que pour la prière(!), s’inquiétant d’éclaboussures de sang sur leur chemise, et quel que soit le motif de l’arrestation.
Torturé à mort pour avoir blogué contre la fraude
Ibrahim, pour avoir dénoncé sur un blog collectif les fraudes au scrutin présidentiel du 12 juin, avait une première fois été kidnappé par des militaires, et séquestré sans torture. Puis ce fut le tour, en août, des Gardiens de la révolution – les Pasdaran – de l’enlever en pleine rue. Jeté pour mort sur un trottoir de la périphérie de Téhéran, et secouru par des passants qui l’emmènent à l’hôpital, il obtient un certificat de coups et blessures y compris sexuels, grâce à l’ignorance des médecins quant à l’identité des auteurs des sévices.
Appel à témoignages
Forts de leur immunité, garantie non seulement par le pouvoir, mais aussi, paradoxalement, par les victimes et leurs familles trop honteuses de la souillure pour l’évoquer publiquement, les Pasdaran n’ont pas fini de sévir : la manifestation prévue pour le 11 février à Téhéran s’attend à une répression hors pair, avec mise à exécution en cas de succès des pendaisons récemment promises.
Persuadé que ces pratiques ont commencé avec Khomeiney, et qu’elles expliquent la chape de plomb qui pèse sur les années 80, le journaliste espère en racontant son histoire susciter d’autres témoignages, et lever un tabou dont les victimes doivent cesser de se faire complices.
*Lire l’ interview










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