n doigt dans le formol et des frasques de milliardaire révélées au grand jour sont le souvenir qu’on garde de l’enlèvement qui fit en 1978 les unes des journaux toutes catégories confondues. Pourtant la barbarie des truands envers «le baron Empain»,
Graff-Empain (Yvan Attal)
Une curée immédiate
Pour les besoins de l’enquête on doit fouiller. Les dettes de jeu faramineuses, les relations de poker, les maîtresses, tout un pan secret de la vie du VIP qui avait su épargner sa famille est ainsi jeté en pâture à la presse pas seulement people. Et chacun prend part à la curée de celui qui peut-être agonise : son conseil d’administration, en prétextant une «image ternie» pour refuser de payer la rançon; les magazines, en révélant les noms et visages des petites amies… Comme on fouillerait les poches d’un mort à peine refroidi, chacun y va de ses reproches et demandes de comptes à celui qui, au fond d’une cave, enchaîné par le cou sous une bâche sans lumière, rudoyé, mutilé, supplicié à chaque désinfection quotidienne de sa plaie, attend au pain et à l’eau une issue dont il semble le seul à s’inquiéter.
Le chien désintéressé
Retour de cet enfer de la séquestration, le vrai Jean-Edouard Empain aurait dit le regretter comparé à ce qui l’attendait à la maison et au bureau. Mise à part son épouse (Anne Consigny), dont on comprend mal qu’il en ait divorcé, mis à part son chien, et un flic, le comité d’accueil tel que décrit par Lucas Belvaux ne diffère des ravisseurs que par la politesse et l’absence de cagoules, la capacité des uns et des autres à briser un homme à terre se valant.
Mélange de genres
Comédie sociale ou thriller? Tantôt l’une, et l’on est alors dans un de ces épisodes tv qui «se laissent regarder», où les situations l’emportent sur la densité des personnages, mais qui éclairent ici sur l’affaire et sur les calculs mesquins dont le rapt est le révélateur; tantôt l’autre, et l’on se régale d’un duel entre flics et truands aussi rusés et déterminés les uns que les autres, de la pure action bien menée.

- J.-E. Empain à l’époque du drame













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