on sans témérité, compte tenu des représailles au moins économiques auxquelles les expose leur vote de dimanche,
Appel à la prière du muezzin (Photo J.-L. Gérome)
des tours destinées à lancer, du plus haut possible, un appel à la prière que nul ne puisse ignorer. Cette «insulte à tous les musulmans«, selon le grand mufti d’Egypte, ce «vote d’intolérance«, selon le recteur Boukabeur, met en émoi l’ONU, le Vatican et notre presse nationale, en tête des autres pour n’y voir qu’une «peur irraisonnée«.
Peur de quoi? De l’islam? Quelle drôle d’idée quand on constate que seuls quelques dizaines de versets ou hadiths appellent à une répression active de catégories somme toute limitées : les juifs, les homosexuels, les agnostiques et apostats, les filles indépendantes, les artistes, les adultères, les amateurs de vin ou de porc; à la ségrégation des sexes, à l’enseignement du créationnisme… Quand on sait l’influence des prêches du vendredi sur une population encore très liée à la religion, donc au dogme, de quoi aurait-on peur? Il suffit de n’appartenir à aucun des groupes précités pour avoir la paix et la liberté de mouvement!
«Phobie» d’une population ou refus argumenté du dogme qui l’empoisonne?
Les autres – ceux qui s’indignent – n’ont pas voix au chapitre en France. Ils sont déclarés «islamophobes», même si leur «phobie» (mot laissant supposer qu’ils n’ont pas la maîtrise de leur esprit) est argumentée et s’appellerait ailleurs refus d’un dogme intolérant et archaïque»
Procès d’intention
«La liberté de culte est fondamentale«, répètent à l’envi nos bobos, lesquels en d’autres circonstances ne se gêneraient pas pour rappeler le mot de Saint-Just : «Pas de liberté pour les ennemis de la liberté!«. Et d’attiser, avec Tariq Ramadan*, la rancœur de ceux qui, nés dans cette culture, n’en sont pas plus responsables qu’ils n’y sont soudés : «Ce n’est pas à l’islam qu’ils [les anti-islam] en veulent, mais aux musulmans«, s’ingénient-ils à persuader ces derniers.
Erreur, du moins pour la majeure partie d’entre eux, qui trouvent réconfortant que de voir de récents immigrés, surtout des jeunes filles et des intellectuels, prendre leurs distances avec Mahomet. Rien de plus réjouissant de la part de ceux avec lesquels on est de toute façon appelé à vivre. Critiquer un dogme, un prophète, n’est pas critiquer ceux qui sont nés sous son joug, savez-vous, une fois?
Des victimes de part et d’autre
C’est du reste l’exhibition, non la pratique, que remet en cause le vote suisse. Cette dernière le sera tôt ou tard, par les premières victimes de l’islam que sont les musulmans, et qu’on ferait mieux d’encourager dans ce sens, par l’éducation des plus jeunes. A l’Institut du monde arabe, au Louvre, on peut vérifier le retard immense de l’art islamique sur celui d’autres civilisations : quelques cruches, enluminures et prouesses architecturales, quand le moindre musée d’autre culture regorge de trésors. Et cela, du seul fait d’interdits insensés et tenaces.
Lire, de Mireille Vallette, journaliste suisse, féministe et socialiste : Islamophobie ou Légitime défiance?» (Ed Favre), et son interview sur Riposte laïque. – Extrait :













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