
Rôle clé du livre de Saviano
Il s’agit pour les principaux de Francesco Schavione, Francesco Bidognetti, Michele Zagaria, Antonio Iovine. Le best-seller de Roberto Saviano, Gomorra*, les avait rendus célèbres en montrant crûment leur mainmise sur la région de Caserte, et sur une population terrorisée. Relayé par le film** qu’en tira Matteo Garrone en 2008, il montrait aussi – ce que les criminels auraient mal vécu – leur médiocrité et l’aspect glauque d’un quotidien habituellement romantisé.
C’est qu’on tient à son image, chez les tueurs : Zagaria, le bras droit de Schiavone, s’identifiant au Scarface de De Palma, s’était même fait construire à Casal di Principe une villa sur le modèle de celle d’Al Pacino…
«Spartacus» contre un empire
Condamné à mort par ceux qu’il dénonçait, Saviano depuis ne survit qu’au prix d’une protection policière permanente, et peut-être d’un charisme qui participe à sa médiatisation. Ces quatre années de clandestinité forcée avaient fini par anéantir le journaliste, au point de lui faire regretter son livre.**
Le procès, nommé par les enquêteurs et magistrats impliqués «Spartacus» – en hommage à la résistance de ceux que la mafia traite en esclaves -, aura demandé 15 ans de procédure, de témoignages de repentis à convaincre et à protéger, et 7, une fois les criminels appréhendés, pour aboutir à des condamnations, en première instance puis en appel.
Vendredi 16, après quatre heures de délibérations, les 16 peines à perpétuité ont été prononcées par la première section de la plus haute cour italienne.
*Publié chez Gallimard en 2006
Pétition de soutien sur Contre-feux
Source : Agence Ansa















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