n naît homosexuel, on ne le devient pas : ce n’est pas un postulat, mais la conclusion d’une longue étude du Pr Jacques Balthazart,*, avec l’espoir affiché de rassurer ceux des intéressés et de leur entourage qui vivraient mal ce non-choix. Ils vont pouvoir faire des économies de divan.
N’en déplaise à Freud, qui impliquait le blocage du développement de la libido à un stade immature, ce seraient des interactions entre ses propres neurones, non entre mère et fils, qui induiraient dans la majeure partie des cas l’orientation sexuelle. Une série de 17 expériences, indépendantes, sur des souris mâles nourrit cette thèse, déjà évoquée mais jamais, jusqu’alors, prouvée.
Un désir soumis aux variations d’œstrogènes
L’implication des œstrogènes (hormones femelles agents de la reproduction) sur le développement du système nerveux central est connu depuis peu, ainsi que son rôle de neurotransmetteur. Mais on ne s’était pas avisé d’en tester l’influence sur le désir. Or variez-en les concentrations dans le cerveau d’une souris mâle, vous obtenez au bout de quelques minutes un changement radical de «comportement copulaire», réversible à volonté.
Cette découverte, qui va de pair avec celle d’une homosexualité «biologique», a pour objet initial de comprendre les systèmes de communication entre neurones, et de traiter la douleur et la neuro-dégénérescence. Explications détaillées sur le site du CNCM.
Accepter ou «traiter»
Si la thèse psychanalytique en prend encore un coup, ainsi que le sentiment de liberté de choix, de l’aveu même du chercheur, les comportements humains peuvent échapper aussi aux explications scientifiques, les animaux étant moins sujets que l’homme aux traumatismes intellectuels. Mais la découverte de déterminants biologiques prénataux devrait en aider plus d’un à s’accepter, voire à s’affirmer. En cas contraire, il aura la clé de sa «guérison». Reste à espérer qu’elle ne lui soit pas imposée par des régimes totalitaires, tel l’Ouganda, qui pourrait trouver préférable de «traiter» ceux qu’il se contente aujourd’hui… d’exécuter.
*Biologie de l’homosexualité, éd. Mardaga
**Du Centre de neurobiologie cellulaire et moléculaire de l’Université de Liège (CNCM-ULg)
Illustration : «Brokeback Mountain»














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