De nos cailloux frottés/Il sort des étincelles/La lumière en peut naître/Et nos grands érudits/Ne nous ont éclairés/Qu'en étant contredits / Voltaire

in- :

Blogamis

Partenaires

 

juillet 2010
L Ma Me J V S D
« juin    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  

L’oeil fardé, prescription médicale de l’Egypte antique

Les Egyptiens de l’Antiquité, sans distinction d’âge, de sexe ni de classe sociale, se soulignaient le regard au khôl. Même les enfants. Ce qui de prime abord paraît dicté par un souci d’apparence,
une coquetterie aux effets secondaires inopinés, s’avère grâce à une étude la première protection contre les infections oculaires.

Néfertiti. Le plomb du khôl protégeait des infection

Néfertiti. Le plomb du khôl contre les infections microbiennes

Une (re)découverte dont pourrait s’inspirer l’ophtalmologie moderne.

Des précurseurs en préparations chimiques

La fouille de tombes antérieures de quelque dix-huit siècles à notre ère avait livré de nombreux ustensiles et produits de maquillage, dont ceux qu’expose le Louvre. Dans leurs pots d’albâtre, d’hématite ou de marbre, le Laboratoire de recherche des Musées de France et Loréal ont prélevé des échantillons qui révèlent aujourd’hui, après douze ans d’analyses*, la «recette» des onguents égyptiens, complexe et non surpassée, et avec elle l’étendue d’un savoir chimique sans égal contemporain.

Le plomb, c’est bon (sauf overdose et ingestion)

Vu la difficulté de déterminer la nature des ingrédients notés sur papyrus, l’équipe de Philippe Walter** est «partie des flacons» : les résidus prélevés à petites doses ont révélé, à la stupeur des chercheurs, que 4 des composants du khôl étaient à base de plomb : la galène, la cérussite, la phosgénite et la laurionite, ces deux derniers – autre surprise – n’existant pas à l’état naturel. Cette teneur en plomb, nocive en quantité supérieure, assurait une protection contre les infections oculaires, multipliées par un environnement de marais insalubres. Etalé en bordure de la paupière, l’onguent agissait sur l’œil à chaque clignement.

Le premier grand égyptologue, Pline l’Ancien, révélait déjà, il y a 2000 ans, que, «prise à l’intérieur, la céruse est un poison». Ce qui laisse supposer la connaissance qu’on avait du carbonate de plomb, utilisé  aussi «pour blanchir le teint des femmes», et qui sera repris sous l’Ancien Régime en une sorte d’éclaircissant détergent de la peau.

Pots à khôl égyptiens

Pots à khôl égyptiens

*Méthode décrite sur Fontainebleau e.vous

**Directeur de la recherche, LCRCMF

Partagez cet article : Ces icônes sont des liens vers des sites de partage de signet sociaux où les lecteurs peuvent partager et découvrir de nouveaux liens.
  • email
  • Google Bookmarks
  • Wikio
  • Print
  • Wikio FR
  • YahooMyWeb
  • Facebook


Laissez un commentaire

Derniers cris

Billets de Julie Dep


DIGG-FRANCE.COM
Ce site est listé dans la catégorie Régions : Ile de France de l'annuaire Referencement O. Duffez

Commentaires récents