
La dernière à avoir germé dans l’esprit d’un élu – pas même imam – date d’hier : réserver un wagon aux femelles dans le métro et le RER. Une idée pis que régressive : sans précédent dans notre histoire, et révélatrice de la fragilité de nos acquis.
Le dispositif proposé par Bruno Beschizza, élu UMP du 93, entrait dans l’arsenal de projets discutés à partir d’aujourd’hui sous l’appellation LOPPSI par l’Assemblée pour renforcer la sécurité en zones urbaines : espionnage d’ordinateurs, vidéo – «protection», couvre-feu pour enfants, etc., qui coûteront 2 milliards d’euros sur 5 ans et trouvent pour certains leur justification.
Si l’élu, sermonné par sa hiérarchie, y renonce aujourd’hui faute d’avoir été «compris», le seul fait que l’inconcevable il y a seulement dix ans puisse émerger d’un esprit local, et s’émettre en dehors d’un cercle, sans que l’on crie immédiatement au fou, invite à un regain de vigilance.
Remise en cause d’un mode de vie millénaire
Le principe s’accorde à celui des religieux intégristes : la femme étant la proie naturelle de l’homme, sauf à se camoufler, son destin est d’être le jouet de son prédateur. (On se demande comment elle a survécu jusqu’ici au grand jour.) Le débat sur l’identité actuel, s’il avait eu lieu – plutôt que donné lieu à sa critique -, aurait permis de rappeler l’importance de la transmission de l’héritage dit républicain, en fait bien antérieur à la Révolution, où figurent, sinon réelle égalité, mixité et courtoisie entre les sexes. Les codes s’acquièrent : nul n’a la science infuse.
La jupe «anti-niqab, anti-burqa«
Issues, par bonheur, de ces mêmes cités où l’on rêve de les cloîtrer, sinon entre des murs, sous un drap noir, certaines s’insurgent. Non des moindres, Isabelle Adjani a manifesté hier, à l’occasion d’un Golden Cristal décerné pour sa participation militante à «La Journée de la jupe», son rejet de la burqa, «bout de tissu peut-être, mais (…) symbole de ce qu’il faut bien appeler la haine des femmes». (Ré)écoutons-la, en nous rappelant que le film antimachiste de Jean-Paul Lilienfeld, tourné l’an dernier, avait été privé des moyens habituels, les producteurs et distributeurs s’étant inquiétés du scandale qu’un tel sujet peut susciter.
Leur attitude s’apparente à celle des zombies du métro et du RER, dont l’indifférence en cas d’agression a sa part de responsabilité dans les élucubrations d’un Bruno Beschizza. Et d’autres.














Quelle belle femme…
Pour rebondir sur la « passivité » des passagers en cas d’agression, ça me semble déjà moins évident.
Ayant été moi-même maintes fois prise à partie de nuit dans les transports en commun, je n’en veux pas une seule seconde à mon environnement qui se contenta de serrer les poings et de ronger son frein en silence… C’est que les types sont tellement marteaux que tu prends peur d’y laisser ta peau…
Mais OK sur le fait que la proposition de Bruno Beschizza fasse plus partie du problème que de la solution.