n document officiel, dévoilé aujourd’hui par Le Parisien*, confirme une pratique qu’on pensait réservée aux régimes bananiers,50 000 PV pour 2010 : il y en aura pour tout le monde
La «politique du chiffre», récemment dénoncée par le syndicat majoritaire, est démontrée noir sur blanc dans le tableau chipé à la Préfecture. 50 000 PV, distribués à égalité par les trois compagnies de circulation, devront en 2010 renflouer les caisses de l’Etat. Quels que soient la nature de l’infraction et le danger qu’elle implique, le policier est tenu d’aligner à une certaine hauteur, et de rendre jour après jour compte du chiffre obtenu. De quoi le rendre odieux à la population, voire à ses propres yeux: «On devient des machines, confie l’un d’eux au Parisien, sans discernement...»
Une politique qui nuit gravement à l’image
En tête des 6 infractions prioritaires, avant l’excès de vitesse ou le téléphone au volant, figurerait le non-respect des feux rouges, où qu’ils se trouvent, par les cyclistes (parce que ces derniers sont plus faciles à appréhender?):
-Nous ne sommes plus dans le qualitatif, mais dans le quantitatif.*
Une récompense, qu’on est tenté d’assimiler à de la corruption quand les PV sont abusifs, attend pourtant les plus zélés.
Un impôt déguisé
SGP-FO avait alerté l’opinion en décembre ** sur cette «politique du chiffre», dont l’usager du volant ou du guidon avait fini par suspecter la réalité à force de s’en trouver victime. Quand 1 km en trop au compteur ou un passage à l’orange vous coûtent une centaine d’euros; que vous recevez une sommation d’huissier pour un PV jamais reçu (impliquant un stationnement payé à la semaine); quand un bataillon d’uniformes, planqué derrière un camion, guette comme l’ennemi public votre escargot à deux roues…
…Quand, parallèlement, votre voiture garée à hauteur d’un commissariat ne sort presque jamais intacte d’une nuit dehors … Vous n’êtes pas loin de vous demander si, nos protecteurs appointés étant exclusivement mobilisées par les petites infractions – réelles ou illusoires – au code, leur absence ailleurs impliquant des dommages, les plaintes qui en résultent ne constituent pas pour ceux qui tiennent les ficelles un gain supplémentaire, moins immédiat, mais palpable au moment de leur réélection.














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