ue Téhéran cherche à peser sur le monde civilisé par tous les moyens et mensonges, qu’ils touchent au nucléaire ou aux droits humains,
"Nous nous sommes retrouvées voilées et séparées de nos copains." Extrait de "Persépolis", bd de Marjane Satrapi (éd. L'Association)
Les voix scandalisées d’ONG et de victimes du régime dénoncent le cynisme de l’un, l’inconséquence de l’autre.
L’iran, «une grande prison pour femmes»
En république islamique le témoignage d’une femme compte pour moitié de celui d’un homme. L’égalité, en revanche, est acquise à ces êtres incomplets en matière de torture, d’emprisonnement, de persécution pour l’ «atteinte à la sécurité publique» que constitue, par exemple, «le port incorrect du voile». Rappelons le postulat récent d’un éminent mollah* imputant à cette indécence une excitation masculine responsable des tremblements de terre… L’intéressant observateur siège maintenant pour quatre ans à la Commission des droits des femmes de l’ONU, où ne serait-ce que par politesse ses pairs devront tenir compte de ses élucubrations.
En Iran les étudiantes sont peu à peu exclues des amphis. Les mères, épouses et veuves de manifestants arrêtés subissent le sort de leurs fils et compagnons quand elles s’avisent de protester. Réclamer l’égalité des droits entraîne des «interrogatoires» assortis de tortures dont le viol, et pour les publications l’interdiction pure et simple.
Pour rappeler aux jeunes femmes leur unique fonction, les crèches ferment, ainsi que ce qui restait du Planning familial. «Téhéran, rappelle le site Iranian.com**, est l’unique gouvernement au monde à refuser la Convention sur l’élimination des discriminations contre les femmes (CEDAW). (Ce qui suffirait à démontrer l’hypocrisie de sa démarche envers l’ONU.)
«Paradoxe amer»
Si des progrès sont effectivement survenus ces trois dernières décennies en Iran, c’est dans l’oppression des femmes. «La lapidation, la flagellation, le voile forcé et la discrimination notamment dans l’éducation, le travail, le divorce (…), la ségrégation dans les écoles, les universités et les autobus, ont transformé l’Iran en une grande prison pour femmes», note dans une lettre véhémente à l’ONU la présidente du CNRI, Mme Chitsaz***, qui évoque un «paradoxe amer».
Bafouer les droits de l’homme rend inéligible, mais pas les droits des femmes
Shirin Ebadi, Prix Nobel exilé, était intervenue, dans une lettre ouverte aux pays membres, contre une précédente candidature de Téhéran à la commission des droits de l’homme de l’ONU, espérant ainsi pousser «les autorités iraniennes à réfléchir à leurs propres méfaits». Leur candidature retirée sous la pression internationale, humiliées, celles-ci devaient en fait réfléchir au moyen, quel qu’il soit, de remonter en scène.
Si Mme Ebadi n’a pas cru devoir alerter l’ONU sur le danger de cette seconde démarche, c’est, on le suppose, du fait de son absurdité qui la vouait à l’échec. Mais la peur de froisser la future puissance nucléaire, ou d’actuels terroristes, l’aura emporté. Preuve est faite que, les propositions les plus insensées pouvant aboutir, pourvu qu’elles soient assorties de menaces même implicites, on n’est jamais trop vigilant.
Courrier international****, en relatant très brièvement la nouvelle, croit devoir préciser que tous les Iraniens ne sont pas des ayatollahs. Qui en doute? Le cinéma (résistant), les exécutions, les manifestations post-fraude électorale montrent une jeunesse des deux genres saine d’esprit, avide de mixité, résistante aux religieux. Or voici qu’au lieu de l’aider 45 pays soi-disant évolués agréent l’insensée candidature de ses oppresseurs. Le peuple iranien ne doit-il donc compter que sur lui-même?
*Les séismes, c’est la faute des femmes
**«Tragic joke», sur Iranian.com
****Conseil national de la résistance iranienne
*** *CI
«The Glass House«, une de ces vidéos volées sur le refus des Iraniennes (1 mn environ, à retrouver sur le site):
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