CONTREDITS

De nos cailloux frottés/Il sort des étincelles/La lumière en peut naître/Et nos grands érudits/Ne nous ont éclairés/Qu'en étant contredits (Voltaire)

Julie de Pardailhan

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Bons coins

 

avril 2014
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‘Tous au Larzac’, juste causse

La grande jacquerie du XXe siècle n’a encore guère inspiré de scénaristes, alors qu’y figurent les ingrédients d’une belle farce politique : rencontres improbables, quiproquos, vol de plans, mystérieux attentat, happy end… Christian Rouaud en tire un reportage vivifiant, bien rythmé, conté par les acteurs de l’aventure sur le terrain, lequel ne tient pas le dernier rôle.

Rester non violent, la gageure

1971: Michel Debré, ministre de la défense, s’avise d’étendre le camp militaire du Larzac (3000 hectares) au reste du plateau (6 fois plus). Une décision qui, dix ans plus tôt, serait passée comme une lettre, le lieu étant alors désertique. Mais un récent repeuplement, compté par l’Etat pour du beurre, ou pour les brebis qui allaient devenir le symbole de la lutte, changea la donne.

 Le premier mouvement fédérateur

Car les brebis, comme le note un commentateur, ne sont dociles que dans l’esprit de ceux qui les méconnaissent. Les 103 familles de bergers priées de déménager, après une révolte viscérale («Qu’ils viennent me chercher, je dors avec le fusil») n’auraient pourtant pu résister longtemps sans l’extraordinaire et inattendu renfort de troupes aux motivations diverses voire divergentes : «maos» en quête de révolution sanglante, objecteurs de conscience, antimilitaristes, écologistes, et bientôt les ouvriers de Lip sur le carreau… Des individus, méfiants à l’égard les uns des autres à une époque où ne frayaient pas entre eux les différents groupes, allaient contre toute attente faire cause commune. Le récit savoureux d’un paysan contant l’arrivée de «zhippies» dans un milieu alors plus favorable à l’armée et à l’ordre qu’aux ‘flemmards de 68′ est un moment clé de l’histoire du combat, et de ceux qui allaient suivre.

A côté des figures reconnaissables (Bové, Guy Tarlier évoqué par sa veuve), des intervenants n’ayant rien à envier de leur charisme font revivre avec enthousiasme et humour ces dix ans de «Woodstock politique» aux incroyables rebondissements, plus fédérateur que n’avait été mai 68, et qui par la grâce d’une lourde erreur ministérielle fit naître pour la première fois en France un sentiment de solidarité universelle.

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