
Quelques années plus tôt aux Etats-Unis un autre individu hors-nomes, bien réel celui-là, avait surpris le monde scientifique et les familles impliquées en publiant une analyse du phénomène vécu de l’intérieur. Le film tiré de l’autobiographie – best-seller de Temple Grandin, née en 1947, ingénieur/inventeur, professeur à l’Université du Colorado, entrepreneur d’envergure, et autiste, salue ce soir sur Arte la décision officielle de dédier 2012 au syndrome.
Sans précédent, le témoignage de Temple Grandin en a fait une légende, utile à la compréhension de ceux à qui manquent son génie et ses capacités d’expression. Tôt diagnostiquée pour son allergie au contact physique, ses intérêts anormaux, répétitifs, son inaptitude sociale, la fillette perçue comme arriérée par les spécialistes semblait vouée à «l’institution» plutôt qu’à la carrière qu’elle s’est construite en dépit d’un mode de perception différent du nôtre, constitué d’images, de schémas scientifiques, et en dépit d’un décalage dans l’attitude dont Gilbert Lelord, en préface d’un des livres de Grandin, retient des détails plus ou moins perceptibles : un ton, une raideur, un retard à saisir la main qu’on lui tend…
Cow girl
Célèbre pour ses révélations sur l’autisme, Temple Grandin l’est aussi pour avoir mis au point grâce à son hypersensibilité pathologique une méthode d’apaisement du bétail avant l’abattage, inspirée de sa «machine à étreintes», sorte d’étau extensible à volonté, conçue pour soulager sa propre anxiété lors de ses paroxysmes. Le système, dont elle perçut par empathie exclusive pour les animaux, en l’occurrence les bœufs, l’intérêt de l’application, a fini par obtenir l’agrément d’une bonne moitié des abattoirs américains
La vraie Temple Grandin, et des témoins (en anglais):












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