
Soit une victime** toutes les huit minutes.
Pride
Pourtant, et en dépit des peines a priori dissuasives promises aux agresseurs, seule une sur huit porterait plainte, comme l’ont osé Autun, Isabelle Demongeot, Marie-Laure de Villepin…
Face à cette paradoxale et tenace honte de la victime, faite de peurs, de préjugés, et dont se nourrissent le sentiment d’impunité et la banalisation d’un acte «après tout pas si grave quand il n’y a pas de mort», ‘les 313′ en appellent aux pouvoirs publics et à «la société tout entière pour favoriser l’émergence de (la) parole», avec en priorité la création d’un collectif.
Un courage mésestimé
Sans soutien adapté, les victimes, surtout les plus jeunes, ont tendance à se murer, dans l’appréhension de cet autre cataclysme que déclencherait le récit d’une souillure dont elles s’estiment souvent, confusément, coupables.
Douloureux à émettre, à supposer qu’il soit reçu, et à répéter des années durant jusqu’au tribunal, en dépit des menaces, leur témoignage est pourtant indispensable non seulement au retour de leur propre équilibre, mais à celui de la société, lequel passe par la prise de conscience des agresseurs potentiels, pas toujours à même d’évaluer les dégâts qu’ils vont causer.
*Pourquoi 313? Pour sans doute évoquer, tout en s’en démarquant, les «343 salopes» ayant en 1971, à l’initiative de Simone de Beauvoir, déclaré dans ce même Nouvel Obs qu’elles avaient avorté malgré l’interdiction qui sévissait alors.
**Pas la même












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