mputé de son inséparable pipe, qu’on n’a pas craint de remplacer par un moulin d’enfant,Cinémathèque*. D’autant que son Solex, curieusement intact, évoque une France d’avant l’inquisition. A qui doit-on la grotesque retouche? Aux très zélés services juridiques d’une RATP qui a voulu anticiper les critiques!
Photoshop serait-il le nouvel allié des censeurs? En Israël ce sont les femmes du cabinet Netanyahou qui disparaissent des feuilles réac; chez nous, faute peut-être de pouvoir éliminer du paysage culturel ceux qui y ont eu bonne part, on leur fourre dans le bec une brindille, un stylo, n’importe quoi sauf ce qui, «contraire à la loi» (comme le rappelle l’obéissant Metrobus), pourrait constituer un cas de prosélytisme.
«Une censure stalinienne»
Macha Makaïeff, commissaire de l’expo, a tenté en vain de s’opposer à l’échange : «C’est d’autant plus bête que, dans ses films, la pipe de Tati n’est jamais allumée. C’est une censure absurde et stalinienne car c’est chez lui, de son temps, qu’on trafiquait ainsi les photos. Ce qui aboutit à un mensonge»**.
A quand les retouches sur pellicule?
Pourquoi ne pas pousser le zèle jusqu’à truquer les films eux-mêmes – fictions, reportages, documentaires? La logique voudrait que, le spectateur passant avec Bogart, Marlène ou Churchill un laps de temps suffisant à l’entraîner sur le chemin du vice, on décide soit d’interdire toute production antérieure à la loi Evin, soit d’en retoucher les images incriminées. L’initiative ajouterait l’avantage de créer des emplois, car ils furent incalculables, les amateurs du poison à avoir contribué au bien-être de leur société. Peut-être à cause de la sérénité qu’ils y puisaient. A chacun son art d’empoisonner les autres.
*»Jacques Tati, Deux temps, trois mouvements»
**Le Parisien 16/4















» le tabac a encore augmenté, alors fumez du saumon »
Pierre DAC
T’as ti donc vu, ami coco, la RATP n’aime pas les pipes!
Tati et Etaix, ça fait quelque rames de métro qu’on leur passe dessus, non d’une pipe, et mille sabords, le Capitaine des Pompiers, qui pourtant supporte les pipes, ne pipe mot!
Par contre, Channel qui fume, ça sent sans doute moins mauvais que la pipe à Tati; la Tautou, dans son petit pyjama qui sent le propre, elle, elle fume sur son affiche qu’on voit partout, en particulier aujourd’hui en demi page dans le ran plan plantesque « Journal du dimanche « , la clope à la main; ce film, assurément, y va faire un tabac, et personne n’ y trouve à dire!
Truffaut, évite le dernier métro , et prends ton vélo ou ton solex, en évitant de te casser la pipe, et viens nous rejoindre pour faire la fête, c’est un jour pour ça!
LE TABAC T’ABAT,
TATI, MON ONCLE,
T’AS A PLUS DROIT A TA PIPE !
TATOU COCO,
ELLE PEUT EXHIBER SA CLOPE
QUI SENT BON LE N°5
PLAYTIME face à MONEYMOMENT !
SOCRATE, REVIENS VITE !
Retirer sa pipe de la bouche de Tati me semble aussi incongru que d’en mettre une dans celle de Paris Hilton.
.. non ?