00 000 euros pour l’antenne; 30 000 pour Alain Rosenberg, son PDG; pour chacun des quatre prévenus,
Me Maisonneuve, à g. (défense) (Photos C/dits)
Loin, même, de l’interdiction provisoire qui restait envisageable après la découverte d’une loi «oubliée*» mais votée fort à propos pour protéger les sectes.
La presse était donc seule à se bousculer ce matin devant la Chambre des Criées. La principale «prévenue», l’Eglise, ne risquant plus guère, l’enjeu historique écarté, le public qui avait suivi nombreux les plaidoiries a boudé un verdict annoncé sans surprise ni intérêt majeurs.
Des escrocs désintéressés
De la centaine de pages d’ attendus révélateurs de la complexité du procès, et du travail qu’il aura donné depuis juin, la présidente a extrait les principales réponses aux questions essentielles : sur l’enrichissement personnel, les manÅ“uvres frauduleuses, l’à -propos du terme «bande organisée»… D’où il ressort que les prévenus : Rosenberg, Paturel, Fabre, Jacquard, s’ils ont poussé à une dépense pour le moins excessive «des êtres faibles (…) en recherche de personnalité», à coups de relances effectuées par des agents au pourcentage, n’auraient agi que dans l’intérêt de l’Eglise de Ron Hubbard, sans s’enrichir eux-mêmes. Une abnégation, si elle s’avère, qui rend encore plus inquiétante l’emprise de la doctrine…
«L’interdiction engendrerait la clandestinité»
Mais, comme l’a rappelé la présidente, «il n’appartient pas à un tribunal de juger une doctrine». «La liberté de croyance est inscrite dans la Constitution.» Quant à la SEL, librairie de l’Eglise au banc des accusés, «l’interdire est impossible, idéologiquement parlant» : on ne brûle pas de livres, quels qu’ils soient, en démocratie.
Ancienneté des faits jugés (l’abus de confiance de la victime Aude-Laure Malto, en 1998), promesse à la Cour des directeurs de clarifier leurs objectifs et leurs tarifs, de «faire évoluer leurs pratiques», ont aussi joué dans la décision finale. Comme a joué la crainte avouée d’une clandestinité que n’aurait pas manqué, selon la Cour, de provoquer l’interdiction.
Appel d’une condamnation sans précédent
A raison d’un électromètre (gadget indispensable à l’apprenti scientologue) à 3 500 euros pièce, et de «tests de personnalité» hors de prix, le Celebrity Center et la SEL devraient se remettre assez vite de l’ amende. Ce qui ne les empêche pas de faire dès aujourd’hui, toute honte bue, appel d’une condamnation qui, même légère, est une première.
*Du 12 mai 2009, empêchant l’interdiction des sectes. Me Maisonneuve admet qu’il était au courant. Le bruit d’une «infiltration» du pouvoir continue de courir.
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